Une personne sourde ou malentendante peut sembler confuse, opposante ou isolée alors qu’elle n’a simplement pas reçu l’information dans une forme accessible. En MR ou MRS, un appareil auditif ne résout pas tout : il faut gérer les piles et embouts, le bruit ambiant, la lecture labiale, une éventuelle langue des signes, les appels de nuit, les consultations et les alarmes. La visite doit montrer comment l’équipe communiquera pendant une toilette, un changement de médicament ou une urgence, pas seulement affirmer qu’elle parlera plus fort.
Établir le profil de communication
Notez avec la personne ce qu’elle entend, dans quelles conditions et avec quels appareils. Précisez la langue principale, l’usage de la langue des signes, la lecture labiale, l’écrit, les pictogrammes, la vision et les difficultés manuelles. Une personne devenue malentendante à 85 ans n’a pas les mêmes habitudes qu’une personne sourde signante depuis l’enfance.
Ajoutez les mots ou gestes utiles, la manière fiable de vérifier un oui et la fatigue liée aux conversations longues. Évitez la mention vague “surdité” dans le dossier. Demandez que le profil soit élaboré avec le résident et révisé après une maladie, une perte d’appareil ou un changement de capacité.
Tester une conversation réelle
Pendant la visite, demandez à un futur interlocuteur de se présenter face à la personne, dans une pièce éclairée, avec une idée à la fois et sans masquer sa bouche. Observez s’il vérifie la compréhension au lieu de répéter plus fort. Le résident doit pouvoir poser une question et disposer du temps pour répondre.
Le guide des questions de visite en maison de repos aide à tester plusieurs équipes. Refaites l’exercice dans la salle à manger, où le bruit change tout. Une bonne conversation dans le bureau de direction ne prouve pas que les repas ou activités seront accessibles.
Organiser appareils et consommables
Dressez l’inventaire des appareils auditifs, implant ou processeur externe, chargeur, télécommande, piles, filtres, embouts et boîtes. Notez les numéros d’identification, l’audiologue et les procédures du fabricant. Demandez qui place, retire, nettoie, charge et range le matériel, puis qui constate une perte ou un dysfonctionnement.
Clarifiez les coûts, la réserve de consommables et le rendez-vous de réparation. Un appareil coûteux posé sur un plateau sans étiquette peut disparaître avec le linge. Une boîte identifiée, une routine documentée et un contrôle au changement d’équipe protègent mieux qu’une demande générale de “faire attention”.
Rendre les soins et décisions accessibles
Avant une toilette, un transfert, une injection ou une modification de traitement, le professionnel doit pouvoir expliquer et obtenir la participation dans un mode compris. Demandez l’accès à un interprète lorsque la situation le nécessite et comment une consultation médicale à distance ou en présentiel sera rendue accessible. La famille ne doit pas toujours servir d’interprète.
Les droits du résident en MR-MRS restent applicables : information, consentement, intimité et participation ne disparaissent pas avec une déficience auditive. Parler uniquement au proche alors que la personne peut décider est un signal d’alerte.
Adapter appels, nuit et urgences
Vérifiez la sonnette, le téléphone, les messages écrits, les signaux lumineux ou vibrants compatibles avec les besoins évalués. Demandez comment le résident appelle la nuit sans ses appareils et comment l’équipe le réveille avant un soin ou une évacuation. Une sonnette sonore seule peut être inutile dans les deux sens.
Faites décrire un scénario d’alarme incendie, de malaise et de transfert en ambulance. Le dossier de communication doit accompagner la personne avec les informations nécessaires, sans exposer tout son historique. Les services d’urgence prennent les décisions cliniques; la maison prépare une communication accessible et identifie le matériel qui suit le résident.
Prévenir l’isolement sans forcer
Demandez quelles activités sont accessibles visuellement, quels espaces limitent le bruit et comment les animateurs incluent une personne qui ne suit pas une conversation de groupe. Une télévision allumée avec sous-titres ne constitue pas un projet social. Les préférences du résident déterminent s’il souhaite un petit groupe, des rencontres signantes ou du temps calme.
Comparez plusieurs lieux dans le répertoire des maisons de repos en Belgique. Cherchez une équipe qui reconnaît ses limites et accepte de construire des adaptations précises. L’objectif n’est pas de promettre une communication parfaite, mais de rendre les choix, soins, liens et urgences réellement accessibles.
Préparez un kit d’admission avec les appareils identifiés, le chargeur, les consommables, le mode d’emploi du fabricant et une fiche très courte sur la communication. Faites constater l’état du matériel à l’arrivée. Cette étape évite qu’une panne préexistante soit confondue avec une aggravation cognitive et attribue immédiatement le rangement et la recharge.
Demandez un essai du système d’appel depuis le lit, les toilettes et l’espace commun. La personne doit pouvoir émettre une demande et percevoir que l’équipe a répondu. Un voyant placé hors de son champ visuel ou un message téléphonique sans vibration n’est pas une adaptation effective.
Vérifiez les réunions et activités importantes. Qui fournit l’ordre du jour écrit, les sous-titres, une place permettant de voir les visages ou l’interprétation nécessaire? L’accessibilité ne devrait pas dépendre d’un proche présent chaque semaine. Inscrivez les adaptations retenues dans le projet individualisé et évaluez leur utilisation réelle après l’entrée.
Une MR doit-elle connaître la langue des signes?
Toutes les équipes ne disposent pas d’un personnel signant. L’établissement doit néanmoins évaluer les besoins, organiser une communication accessible et préciser les relais ou interprètes possibles selon la situation. Demandez des engagements concrets pour les soins quotidiens et les décisions importantes avant l’admission.
Qui paie les piles et réparations?
La couverture dépend du dispositif, de la mutualité, des règles applicables et du contrat de l’établissement. Demandez une ventilation : consommables, entretien, rendez-vous, transport et perte. Faites confirmer le circuit par l’audiologue, la mutualité ou le fournisseur plutôt que de supposer que le prix journalier inclut tout.
La famille peut-elle être l’interprète habituel?
Elle peut soutenir la personne si celle-ci le souhaite, mais ne devrait pas être l’unique moyen d’expliquer les soins, surtout pour une décision sensible ou en urgence. Demandez quand un interprète qualifié ou un autre support est nécessaire et comment l’établissement communique lorsque le proche n’est pas disponible.
Les adaptations, interprètes, appareils, aides, consentements, compatibilité, disponibilité et admission doivent être confirmés avec la personne par les professionnels, l’établissement et les organismes compétents.