Le chiffre que l on vous annonce n est pas la facture
Quand une maison de repos annonce un prix, elle annonce presque toujours le prix d hébergement journalier. C est un montant encadré : il est soumis à autorisation, et un établissement ne peut pas l augmenter comme il l entend.
La facture réelle, elle, additionne ce prix et une seconde colonne : les suppléments. Cette seconde colonne n est pas encadrée de la même façon, elle varie fortement d une maison à l autre, et c est là que se creusent les écarts entre deux établissements qui affichaient le même tarif.
Ce que le prix journalier comprend en principe
- le logement, les charges, l entretien de la chambre ;
- les repas et les collations, régimes courants inclus ;
- le linge de maison ;
- l aide et la surveillance liées au niveau de dépendance ;
- l accès aux espaces communs et aux activités de base de la maison.
Les soins proprement dits ne sont pas payés par vous mais par l INAMI, sous forme d un forfait versé à l établissement selon la catégorie de dépendance du résident. C est pourquoi une personne plus dépendante ne paie pas nécessairement un prix d hébergement plus élevé : ce qui augmente, c est ce que l INAMI verse à la maison.
Ce qui est facturé en plus
C est la liste à réclamer, par écrit, avant toute signature
- la blanchisserie du linge personnel, et le marquage des vêtements ;
- le coiffeur, la pédicure, les produits d hygiène personnels ;
- le téléphone, la télévision, la connexion internet dans la chambre ;
- les excursions, certaines activités, la cafétéria ;
- les frais pharmaceutiques et le matériel non couvert ;
- parfois la réservation de la chambre pendant une hospitalisation.
Ce dernier point mérite qu on s y arrête. Si votre parent est hospitalisé trois semaines, la chambre continue le plus souvent d être facturée, à taux plein ou réduit selon la maison. Demandez la règle exacte : sur une année, c est le supplément le plus lourd et le plus imprévu.
La convention d hébergement
Tout établissement doit vous remettre une convention d hébergement écrite. Elle mentionne le prix, les suppléments, les conditions de révision des tarifs, le préavis de départ et les modalités en cas d absence.
Lisez trois clauses en priorité
- la révision du prix — dans quelles conditions et avec quel préavis il peut augmenter ;
- le préavis — de combien de temps disposez-vous si vous partez, et la maison si elle met fin au séjour ;
- l absence pour hospitalisation — ce qui reste dû.
Ne signez pas le jour de la visite. Emportez la convention, relisez-la ailleurs. Aucune maison sérieuse ne s en offusque.
Quand la pension ne suffit pas
C est la situation la plus fréquente, et ce n est pas une impasse. Le CPAS de la commune peut intervenir dans le coût du séjour lorsque les ressources du résident ne couvrent pas le prix.
Deux choses à savoir : l intervention se demande, elle n arrive jamais d elle-même ; et selon les communes, le CPAS examine la situation des enfants au titre de l obligation alimentaire, avec des pratiques qui varient d une commune à l autre. Posez la question directement au CPAS concerné plutôt que de vous fier à ce qu on raconte : les réponses diffèrent réellement d une commune à la suivante.
Vérifiez également le droit à l allocation pour l aide aux personnes âgées, qui se demande séparément et qui, dans beaucoup de dossiers, change l équilibre du budget.
*Curalune accompagne la recherche et l orientation. Les tarifs, les suppléments et les interventions publiques relèvent des établissements, du CPAS et des organismes compétents.*