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Guide éditorial

Guide maison de repos9 min de lecturePublié le 30/07/2026

Elle reste dans sa chambre toute la journée : la dépression en maison de repos (et comment la distinguer de la démence)

Ce n'est pas « l'âge ». La dépression en institution est fréquente et sous-traitée. Comment la distinguer de la démence, ce qu'il faut exiger, et les signaux à ne pas laisser passer.

Pourquoi ce guide compte

Conçu pour réduire l’incertitude des familles qui doivent comprendre les coûts, l’urgence, les listes d’attente et les options réelles.

Ce n'est pas « l'âge »

Quand quelqu'un ne sort plus de sa chambre, ne descend plus au réfectoire, n'allume plus la télévision et répond par monosyllabes, on entend souvent « c'est l'âge ». Ce n'est pas une explication. La dépression en maison de repos est fréquente, traitable et surtout peu diagnostiquée — ce n'est pas la réaction normale au vieillissement.

Comment la distinguer de la démence

On les confond constamment, et la différence change le traitement

  • la dépression commence plutôt brusquement — quelques semaines — alors que la démence progresse sur des mois ou des années ;
  • dans la dépression, la personne se plaint de sa mémoire (« je ne me souviens de rien ») et répond « je ne sais pas » sans essayer. Dans la démence, elle tente souvent de masquer l'oubli ou comble les trous ;
  • la dépression est pire le matin ; l'agitation de la démence est pire en fin de journée ;
  • la dépression peut imiter la démence de façon si convaincante que cela porte un nom : pseudodémence. Et cela régresse quand on traite.

Important : les deux coexistent souvent. Avoir une démence n'empêche pas d'avoir aussi une dépression qu'on peut soigner.

Ce qu'il faut écarter d'abord

  • une douleur non exprimée : arthrose, constipation, une escarre qui commence, une prothèse qui blesse ;
  • les médicaments : certains traitements très courants éteignent l'humeur — demandez une révision au médecin traitant, qui garde son rôle en maison de repos ;
  • thyroïde, vitamine B12, anémie : une simple prise de sang ;
  • la vue et l'audition : des lunettes cassées ou un appareil auditif sans pile isolent autant qu'une dépression. C'est l'une des causes les plus fréquentes et les plus faciles à corriger ;
  • une infection — chez la personne âgée, une infection urinaire se manifeste souvent par la seule apathie.

Ce que vous pouvez exiger, par écrit

  1. une évaluation avec une échelle validée (échelle de dépression gériatrique) et non une impression ;
  2. un bilan médical avec prise de sang et révision de l'ordonnance ;
  3. un accompagnement psychologique : en Belgique, les séances de psychologue de première ligne sont remboursées par l'assurance obligatoire, y compris pour les personnes âgées — demandez-le, ce n'est pas un luxe privé ;
  4. un plan d'activités individualisé basé sur son histoire : son métier, ce qu'elle aimait, sa musique, les tâches qui la rendaient utile ;
  5. la révision du plan de soins, avec l'apathie inscrite comme problème et des objectifs concrets ;
  6. si un antidépresseur est prescrit : qui le réévalue et quand. Un antidépresseur commencé et jamais réévalué n'est pas un traitement.

Ce qui aide vraiment

Sortir de la chambre avec un motif, pas sur ordre. Une activité qui a du sens pour elle (plier, cuisiner, s'occuper de plantes, la musique de sa jeunesse) plutôt qu'une animation générique. De la lumière et un peu de marche chaque jour. Deux ou trois visages stables plutôt que vingt qui tournent. Et des visites familiales courtes et fréquentes plutôt que longues et rares.

Les signaux à ne pas laisser passer

  • une perte de poids avec l'isolement : la combinaison est sérieuse et les deux s'entretiennent ;
  • ne plus se lever plusieurs jours de suite sans qu'aucune évaluation ait été faite ;
  • des phrases comme « je voudrais partir », « ça ne vaut plus la peine » : chez la personne âgée, et particulièrement chez les hommes, le risque suicidaire est réel et sous-estimé. Ne le minimisez pas et parlez-en au médecin le jour même ;
  • une sédation : si elle est calme mais absente, demandez ce qui a été introduit et quand cela sera réévalué.

Si rien ne bouge

Adressez la demande par écrit à la direction, puis au conseil des résidents et au service de médiation. Sans suite, l'organisme de contrôle régional — l'AVIQ en Wallonie, Iriscare / la COCOM à Bruxelles — agrée l'établissement et peut inspecter.

Et il y a une possibilité honnête à envisager : parfois ce n'est pas une dépression, c'est le mauvais établissement. Une personne qui était active et qui s'éteint là où personne ne la connaît, sans activités qui lui parlent et sans personne à qui parler, n'est pas malade : elle n'est pas au bon endroit.

Aide Curalune (59 €) prépare sous 24 heures ouvrées une sélection de 3 à 5 maisons de repos adaptées, avec les questions à poser — psychologue, activités réelles, effectif.

*Informations générales, qui ne remplacent pas un avis médical. En cas d'idées de mort ou de suicide, consultez le jour même.*

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