La semaine où tout arrive en même temps
Une chute, une hospitalisation, une intervenante qui vous dit que le retour à la maison n’est plus sécuritaire. Il faut demander l’évaluation, remplir la demande d’hébergement, visiter, décider — et vous avez un emploi.
La plupart des familles brûlent leurs vacances, puis prennent des journées sans solde, puis finissent en arrêt. Le Québec prévoit pourtant des congés parmi les plus étendus au Canada — et presque personne ne les demande par leur nom.
La distinction à comprendre en premier
- La protection de votre emploi vient du Québec. Ce sont les normes du travail qui vous donnent le droit de vous absenter et de retrouver votre poste.
- L’argent vient d’Ottawa. Les prestations de proche aidant relèvent de l’assurance-emploi, un programme fédéral. Le Régime québécois d’assurance parentale, lui, ne couvre pas ces situations : il vise la naissance et l’adoption.
Ce sont donc deux démarches séparées, avec des critères différents, et l’une ne déclenche pas l’autre. Beaucoup de familles font la demande d’assurance-emploi et n’avisent jamais formellement l’employeur du congé qu’elles prennent — or c’est cette seconde étape qui protège le poste.
Les congés prévus par les normes du travail
Trois niveaux, selon la gravité de la situation :
- Les absences pour obligations familiales : un nombre de journées par année pour s’occuper d’un parent, dont les premières sont rémunérées après une certaine ancienneté. Ce sont les journées à utiliser pour une visite d’établissement, un rendez-vous d’évaluation ou une signature.
- L’absence pour maladie grave d’un parent : plusieurs mois sur une période de douze mois, sans solde mais avec protection du lien d’emploi.
- L’absence lorsque la maladie est grave et potentiellement mortelle : une période encore plus longue, attestée par un certificat médical.
Avisez l’employeur par écrit, en nommant le congé et en indiquant la durée prévue. Un courriel daté vaut mieux qu’une conversation dans un corridor.
L’argent : les prestations fédérales
Deux prestations d’assurance-emploi peuvent s’appliquer :
- La prestation pour proches aidants d’adultes, lorsque la personne est gravement malade ou blessée — c’est-à-dire que sa vie est en danger à la suite d’un changement important par rapport à son état habituel.
- Les prestations de compassion, lorsqu’il y a un risque important de décès à court terme.
Le point honnête, et il vaut mieux le savoir tout de suite : un déclin graduel ne satisfait généralement pas ces critères. Une mère devenue peu à peu incapable de rester seule, sans événement aigu, n’y donnera souvent pas droit. Un AVC, une fracture avec complications, une détérioration soudaine : oui.
À retenir aussi : les semaines de compassion peuvent être partagées entre plusieurs proches et prises en blocs séparés. Des frères et sœurs qui se relaient quelques semaines chacun, c’est prévu et rarement utilisé.
Ce que le statut de proche aidant vous ouvre
Le Québec reconnaît formellement les personnes proches aidantes, et cette reconnaissance donne accès à un réseau de soutien — organismes régionaux, répit, accompagnement dans les démarches. Demandez à l’intervenante du CLSC ce qui existe dans votre territoire : c’est gratuit, et cela allège la partie logistique que vous portez seule en ce moment.
Quoi faire la première semaine
- Demandez le certificat médical au médecin traitant si la situation est aiguë. Les prestations fédérales en dépendent entièrement et c’est la pièce la plus lente.
- Avisez l’employeur par écrit du congé pris, en le nommant selon les normes du travail.
- Faites la demande d’assurance-emploi dès l’arrêt, sans attendre le certificat.
- Vérifiez la convention collective : plusieurs prévoient des journées payées au-delà du minimum, ou un complément aux prestations fédérales.
- Poursuivez la démarche au CLSC en parallèle : l’évaluation et le mécanisme d’accès ont leurs propres délais, indépendants de votre congé.
Le point pratique
Faites les deux démarches : le congé auprès de l’employeur, la prestation auprès d’Ottawa. Utilisez d’abord les journées pour obligations familiales, dont les premières sont payées. Lancez le certificat médical en premier, c’est le goulot. Et demandez si les semaines de compassion peuvent être partagées avec un frère ou une sœur.
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La durée, les conditions d’ancienneté, le caractère rémunéré ou non des absences prévues par les normes du travail du Québec, ainsi que les critères, durées et taux des prestations d’assurance-emploi pour proches aidants, sont fixés par la législation en vigueur et révisés régulièrement ; votre convention collective peut être plus généreuse. Renseignez-vous auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, de Service Canada et du CLSC de votre territoire. Cet article est une information générale et ne remplace ni un conseil juridique ni un avis médical. Curalune n’attribue pas de places et ne garantit aucune disponibilité.