Aller au contenu principal

Guide éditorial

Guide11 min de lecturePublié le 28/07/2026

Qui est le médecin de ma mère en CHSLD ? Le médecin qu'on ne choisit pas, et ce qui change en RPA

En CHSLD, le médecin est assigné par l'établissement — pas choisi. En RPA, il n'y en a aucun. Deux réalités opposées que personne n'explique à l'admission, et six questions à poser pour savoir qui soigne vraiment votre mère.

Pourquoi ce guide compte

Conçu pour réduire l’incertitude des familles qui doivent comprendre les coûts, l’urgence, les listes d’attente et les options réelles.

« Le médecin lui sera assigné »

Vous demandez, deux semaines après l'admission, qui est maintenant le médecin de votre mère. On vous répond qu'un médecin lui sera assigné. Vous notez la phrase sans y penser, et trois mois plus tard elle n'a toujours pas été vue.

Cette phrase est la clé de tout le dossier, et elle mérite qu'on s'y arrête. Au Québec, l'hébergement pour aînés fonctionne sur deux logiques médicales opposées, et selon celle dans laquelle votre mère se trouve, les questions à poser ne sont pas les mêmes du tout.

Deux milieux, deux logiques inverses

En CHSLD public ou privé conventionné, votre mère ne choisit pas son médecin : l'établissement lui assigne un médecin traitant, dans le cadre de l'organisation médicale du CHSLD. C'est l'inverse du reste du système de santé, où le libre choix est la règle. L'avantage est réel — le médecin connaît le milieu, l'équipe de soins et les autres résidents. L'inconvénient l'est aussi : quand il manque de médecins pour couvrir un CHSLD, l'attente n'a personne pour la raccourcir, et la famille est souvent la dernière informée.

En RPA, et en CHSLD privé non conventionné, c'est exactement le contraire : personne ne lui assigne quoi que ce soit. Votre mère garde son médecin de famille, s'il accepte de la suivre là où elle habite maintenant. Si elle n'en a pas, l'inscription se fait au guichet d'accès à un médecin de famille, avec les délais que l'on connaît. Le CLSC de son territoire demeure la porte d'entrée pour les soins infirmiers et le soutien à domicile, y compris en RPA.

Première chose à faire, donc, avant toute autre question : établir dans lequel des deux cas vous êtes. Beaucoup de familles croient qu'un CHSLD privé fonctionne comme un CHSLD public parce que le mot est le même. Il ne fonctionne pas comme lui, et cela commence par le médecin.

Qui d'autre soigne, concrètement

Le médecin n'est pas seul, et en CHSLD il est souvent le moins présent des intervenants cliniques. L'infirmière praticienne spécialisée assure aujourd'hui une part importante du suivi dans plusieurs milieux : elle évalue, ajuste et prescrit dans son champ de pratique, et elle est bien plus souvent sur place qu'un médecin. Le pharmacien de l'établissement révise la médication. L'infirmière du milieu est celle qui verra la première un changement.

Cela veut dire qu'une bonne question n'est pas seulement « quand le médecin est-il passé », mais « qui a évalué ma mère depuis son admission, et à quelles dates ». Les évaluations sont consignées. Demandez les dates, pas des impressions.

Le dossier, et ce que vous avez le droit de voir

Votre mère a le droit d'accéder à son dossier d'usager, et vous aussi si elle vous y autorise ou si vous la représentez légalement. C'est le moyen le plus direct de sortir des « on vous tient au courant ». Demandez par écrit, à la personne responsable de l'accès aux dossiers de l'établissement, la liste de médication à jour et les notes d'évolution médicale sur une période donnée.

Vérifiez aussi ce qui se trouve dans le Carnet santé Québec, si votre mère y a accès : les médicaments servis et les résultats de laboratoire y apparaissent, et c'est parfois là qu'on découvre un médicament ajouté dont personne n'a parlé.

La nuit

Il faut le dire franchement : la nuit, il n'y a pas de médecin sur place, ni en CHSLD ni en RPA. Il y a du personnel de soins, un protocole et un téléphone. Hors des heures, il y a la garde médicale de l'établissement selon le milieu, Info-Santé au 811, et le 911.

La vraie question n'est donc pas de savoir s'il y a un médecin la nuit — la réponse est non partout — mais qui décide, à trois heures du matin, si on transfère votre mère à l'urgence, et sur quelle base écrite. Cette base existe : c'est le formulaire de niveaux de soins, discuté avec le médecin et consigné au dossier. S'il a été rempli à l'admission, dans l'heure des vingt formulaires, et jamais rouvert depuis, c'est maintenant qu'il faut le reprendre — pas la nuit où il servira.

Qui consent si elle ne peut plus

Ce n'est pas l'établissement. Si votre mère devient inapte à consentir, le consentement aux soins est donné par la personne que le Code civil désigne : son mandataire si elle a fait homologuer un mandat de protection, ou son tuteur, à défaut son conjoint, puis un proche parent ou une personne qui démontre un intérêt particulier pour elle.

Deux conséquences pratiques. Si plusieurs enfants ne s'entendent pas, cette liste ne tranche pas le désaccord — et le dossier prend alors le chemin du tribunal, ce qui est long. Et un document qui dort dans un tiroir chez vous ne produit aucun effet : la copie doit être au dossier du milieu d'hébergement.

Six questions à poser

  1. Ma mère a-t-elle un médecin traitant assigné, qui est-ce, et depuis quand ? Si la réponse est « en attente », demandez une date et le nom de la personne responsable de l'assignation.
  2. Une infirmière praticienne spécialisée suit-elle les résidents, et suit-elle ma mère ?
  3. À quelles dates a-t-elle été évaluée depuis son admission ?
  4. Le formulaire de niveaux de soins est-il à jour, et correspond-il vraiment à ce qu'elle voudrait ?
  5. Comment serai-je informé d'un changement de médication ou d'état ? Fixez le canal, sinon vous l'apprendrez par hasard.
  6. Qu'est-ce qui est facturé en plus de la contribution d'hébergement ? Demandez la liste écrite.

Si rien ne débloque

Par écrit, une question, une date, à la direction du milieu. Ensuite, deux recours existent et ils sont gratuits. Le comité des usagers ou des résidents, présent dans chaque établissement, porte les questions qui ne sont presque jamais que les vôtres. Et le commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CISSS ou du CIUSSS reçoit votre plainte, doit y répondre dans un délai prévu par la loi, et si la réponse ne vous satisfait pas, le dossier peut aller au Protecteur du citoyen. Si la question porte sur la conduite d'un médecin en particulier, c'est le Collège des médecins qui est compétent.

Gardez copie de tout. Non pas parce que cela finira devant un tribunal — cela n'arrive presque jamais — mais parce que dans un milieu où la direction change aux deux ans, la famille qui a le classeur est la seule à avoir de la mémoire.

Par où commencer

Si vous cherchez encore, « le médecin est-il assigné par l'établissement ou faut-il garder le sien ? » vous en apprendra plus en deux minutes qu'une visite guidée d'une heure. Si votre mère est déjà hébergée et que trois mois ont passé sans qu'un médecin la voie, rien n'est perdu : ces six questions se posent par écrit et obtiennent presque toujours une réponse.

Si vous préférez ne pas mener ces démarches seul, nous pouvons le faire. Pour 99 $, nous reprenons la situation de votre mère, nous cherchons dans votre secteur les milieux qui répondent vraiment à ces questions, et nous vous rapportons ce qu'ils nous ont dit, avec les noms et les dates. Commencez ici

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical ou juridique sur votre situation. L'organisation médicale diffère entre CHSLD public, CHSLD privé conventionné, CHSLD privé non conventionné et RPA : vérifiez auprès du milieu et de votre CISSS ou CIUSSS. Curalune n'attribue pas de places et ne garantit aucune disponibilité.

Aide Curalune

Choisissez ce que vous voulez faire vous-même

Recevez la sélection et contactez vous-même, ou confiez aussi à Curalune les contacts et les relances.

Aide Curalune
Vous contactez

Vous ne savez pas par quel établissement commencer ?

Un conseiller compare les établissements adaptés à votre situation — secteur, budget, niveau d’accompagnement — et vous remet une sélection de 3 à 5 noms déjà vérifiés, avec les bons contacts.

La garantie porte sur la recherche et ne garantit ni disponibilité, ni admission, ni financement public.

99 $ paiement uniqueSans abonnement
Aide Curalune Complète
Nous contactons

Vous préférez tout nous confier ?

Avec Aide Curalune Complète nous sélectionnons les établissements compatibles puis nous faisons nous-mêmes le tour le plus fatigant — nous les contactons, nous relançons ceux qui ne répondent pas et nous vous tenons informés des retours, jusqu’au récapitulatif final. Nous suivons trois dossiers à la fois.

399 $ en une foisContacts et relances inclusSans abonnement

Établissements dans le secteur

Trois établissements à examiner vous-même

Suggestions fondées sur la zone, et non sur les besoins d’accompagnement. Confirmez directement auprès des établissements l’adéquation et les disponibilités.

Autres articles utiles